Le temps des uns et le temps des autres

Le temps, le temps
Le temps et rien d’autre
Le tien, le mien
Celui qu’on veut nôtre

Le temps est le même pour tous, parait-il.
Pourtant certains en manquent quand d’autres en ont “à tuer”.
Infiniment exemplaire à mes yeux, celui qui semble “gérer son temps”, jamais en retard, toujours dans les délais.

Je suis plutôt de ceux qui courent après leur temps avec l’absolue certitude que je commets une erreur, ce qui, du coup, m’autorise une double culpabilité (donc plus de Ferrero Rocher pour compenser).

Celle de ne pas avoir eu le temps de faire tout ce que je voulais faire et celle de ne jamais assez profité de celui que la vie m’a offert.

Pourtant, dès que je prends un instant de recul, je sais.

Je sais qu’à chaque fois que j’ai reporté une tâche, j’ai bien fait. Son temps n’était pas encore venu.

Chaque fois, qu’il est temps, je sais faire ce qu’il faut. Mes actions sont précises, efficaces et déterminantes.

Et si l’erreur consistait précisément à croire qu’il faut gérer le temps.
Gérer le temps…

Je n’ai jamais su gérer mon temps. En revanche, je sais l’occuper.
Le plus souvent avec plaisir, rarement, contrainte.

Le temps, le mien, me semble bien vécu. Chaque jour, je fais des tas de choses passionnantes. Chaque jour, je rencontre des visages enthousiastes. Chaque jour, je partage des idées délirantes. Chaque jour, je réalise des actions déterminantes. Chaque jour, je prends des décisions capitales. Chaque jour, j’ai un cadeau. Chaque jour, des expériences à acquérir. Chaque jour, je reporte des tâches à demain…

Je courais donc après un temps qui n’était pas le mien. J’aurais pu courir longtemps. Ou pas.

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