Time is life

Si vous voulez qu’une chose soit faite, confiez-la à quelqu’un d’occupé

Je vis une véritable histoire d’amour avec le temps.

J’ai cru longtemps à une affaire passionnelle de celle qui vous détruit autant qu’elle vous construit. De celle qui vous marque et dont vous êtes incapable de vous défaire, bien qu’il le faille.

Longtemps j’ai voulu le changer. Il s’écoulait trop vite ou trop lentement. Il ne tenait jamais ses promesses. Il semblait toujours vouloir se retourner contre moi. Je lui donnais tout et il m’arrachait l’essentiel. Quand je croyais le maitriser, il se vengeait en m’humiliant cyniquement.

Il a été la source de toutes mes angoisses et de mes plus grandes joies et je le détestais autant que je l’aimais. Il me hantait et me poursuivait. Je cherchais en permanence toute occasion de m’en défaire, par tout moyen et, de préférence, enivrant.

Je saisissais chaque occasion de lâcher le fil du temps, puisqu’il était patent que j’étais totalement incapable de le suivre. Triste constat.

Et … un jour … j’ai perdu ma Chopard.

Comment, quand, pourquoi, toutes ces questions n’ont qu’un intérêt relatif. Elle est partie, après cinq années de vie commune, à m’angoisser à l’idée de la perdre.

Elle est partie, ouvrant derrière elle la porte d’un véritable amour. Un amour inconditionnel, mêlant respect et admiration. Je ne le juge plus, je l’observe et il me plait tel qu’il est. Je dirais même que je le trouve chaque jour plus séduisant.

Je vous épargne l’anecdotique qui veut que je ne suis plus en retard à mes rendez-vous ou que mes engagements sont tous tenus dans les temps. J’habite chaque instant et je fais ce que je pense juste en acceptant les irrégularités du temps que je finis même par croire nécessaires. C’est reposant.

Contretemps, retards, blocages, quelques instants offerts par la vie, pour s’arrêter et écouter le temps. Il a tellement de choses à me dire, tellement de choses à m’apprendre, tellement d’amour à me donner – petite larme – et j’en ai tant besoin.

Bon, ne vous emballez pas quand même, j’ai perdu ma Chopard, pas mon merveilleux caractère.

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