e-commerce – quelle valeur ?

Valoriser c’est créer de la valeur, c’est transformer en un avantage concurrentiel ses efforts de créativité, les exploiter et les rentabiliser

Lors des journées oxygènes qui se sont déroulées au large de Toulon sur l’ile des Embiez le 13 et 14 mai dernier, nous avons de nouveau eu l’opportunité de partager avec la communauté des e- commerçants Oxatis, les travaux de l’équipe Barbers sur la valorisation des fonds de commerce électroniques.

Si nous avons fait le constat de l’existence juridique du fonds de commerce électronique, nous savons que le marché des transactions des boutiques en ligne, qu’il s’agisse de véritable “Pure Player” ou de boutiques adossées à un commerce traditionnel, ne constituera un enjeu économique que lorsque deux conditions seront correctement remplies :

-    La sécurité juridique des transactions et notamment le transfert de la clientèle, des contrats, de l’hébergement et le nom de domaine,

-    Une valorisation fiable non exclusivement basée sur des critères comptables classiques (éléments comptables passés) ou des flux futurs constitutifs d’une valeur d’opportunité.

Nous avons déjà longuement exprimé les difficultés rencontrées par les propriétaires de fonds de commerce électronique pour valoriser leur site e-commerce.

Qu’est ce que nous entendons par valoriser ?

Valoriser n’est pas donner un prix qui sera toujours ce que l’acheteur sera prêt à payer pour acquérir .

Une valeur est une fourchette de prix. C’est un indice de mesure de sa créativité.

“Valoriser c’est créer de la valeur, c’est transformer en un avantage concurrentiel ses efforts de créativité, les exploiter et les rentabiliser”

Une boutique en ligne peut se valoriser selon les critères comptables traditionnels mais elle ne saurait alors être qualifiée de e-commerce sauf à pouvoir se prévaloir d’une valeur d’opportunité pour un acheteur spécifique qui y verrait alors un intérêt stratégique.

La différence ente la valeur comptable traditionnelle et la valeur d’opportunité constitue « l’écart stratégique » sur lequel il convient d’agir et qui sera déterminé en fonction de l’ensemble des critères proposés par Barbers, qui constitueront une grille complète d’évaluation d’un site e- commerce.

Ces critères permettront au e-commerçant de se définir un plan d’actions améliorant en temps réels et objectivement la valeur de son fonds de commerce électronique.

Un site e-commerce n’est pas une simple boutique électronique et Internet n’est pas une place de marché complémentaire où il convient simplement de domicilier un nouveau lieu de vente en attendant sagement derrière le comptoir que l’achalandage s’y attarde.

Le e-commerce doit être considéré, appréhendé et valorisé comme une activité spécifique sans rapport avec les référentiels passés et sans se limiter à anticiper un avenir imaginaire.

Il existe objectivement une méthodologie de valorisation du fonds de commerce électronique qui peut se résumer en la capacité du e-commerçant à pénétrer et intégrer dans son business model les différentes cultures constitutives du web.

Créer de la valeur sur le web revient à interagir avec l’environnement naturel en respectant sa culture, en adhérant aux méthodes modernes d’expression et en intégrant les produits et services dans l’espace spécifique qui leur est aujourd’hui réservé.

Faire du commerce moderne ne revient pas à intégrer sur une nouvelle place de marché des méthodologies commerciales auxquelles plus aucun consommateur contemporain n’adhère.

Le consommateur actuel est né de la superposition des six cultures d’internet, qui correspondent aux modes de communications des six premières communautés du web :

  1. la communauté militaire et la décentralisation technologique dans la rigueur militaire,
  2. la communauté scientifique qui a initié la culture du partage des connaissances,
  3. les hackers et la culture du logiciel libre,
  4. le peuple virtuel à l’origine des premiers forums de discussion, partage de contenus dans le respect de la netiquette : nouvelle liberté d’expression méritocratique, autorégulée et sans hiérarchie imposée,
  5. les entrepreneurs qui ont créé la notion de services et modélisé le web marchand,
  6. et, enfin la Génération Y qui use et abuse du net, n’imaginant pas un monde sans liberté d’expression, sans partage, sans accès libre, illimité et immédiat à l’information, une culture de la diffusion pour la diffusion (« l’Homme de l’année, c’est vous » TIME 2006).

Le e-commerçant pourra donc mesurer sa capacité à créer de la valeur en se référant à sa capacité de pénétration de toutes ses cultures et à la façon dont il les a intégrées dans son modèle économique faisant de sa boutique en ligne un véritable fonds de commerce.

Une boutique en ligne répondant aux besoins de son marché, sera naturellement source de flux dynamiques d’échanges qui contribueront à mesurer, en temps réel, la capacité du e-commerçant à générer des ventes.

Les critères dont la liste nous apparaît chaque jour plus précise et plus sûre permettent d’obtenir une fourchette de valeurs d’un site e-commerce avec objectivement, des stratégies de développement concrètes.

Fort de ces critères objectifs de valorisation, le e-commerce deviendra naturellement un fonds de commerce autonome économiquement négociable sous réserve d’une documentation juridique sûre qui remplacera opportunément l’existence physique d’un fonds de commerce traditionnel.

To be continued…

2 Responses to “e-commerce – quelle valeur ?”

  • Bravo pour cet article qui m’a permis d’entrevoir des problématiques à la fois juridiques et sociétales que je n’avais jamais pris le temps de sonder, chose que je vais tâcher de faire ces prochaines semaines, tant il est important d’élargir sa vision des choses si on veut rester toujours pertinente dans ses propositions (nous créons des sites e-commerce). Merci encore pour cet éclairage Clarisse.

  • Bonjour et désolée pour cette réponse tardive. Ce blog a connu une anarchique invasion de spam :)
    Je vais poursuivre ce travail et vous remercie de vos encouragements.

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