Première sortie officielle
Il ne faut jamais compter sur l’incapacité d’un avocat à s’adapter. Jean-Luc Forget, Président de la Conférence des Bâtonniers
J’appréhendais d’intervenir à l’Assemblée Générale de la Conférence des Bâtonniers qui s’est tenue les 27 et 28 janvier à Paris et, je continue de vivre ce rêve constellé d’embûches et de lourdes tâches, toujours consciente de ma chance.
Et chaque jour je mesure l’ampleur de la charge dont j’ai l’honneur d’assumer la responsabilité.
Vendredi 27 janvier 2012, le Président de la Conférence des Bâtonniers Jean-Luc Forget ouvrait le bal sur l’Ordre national -légèrement taclé-, l’avocat en entreprise -subtilement réamorcé-. Il est des qualités que je respecte, courage et présence en sont et, il semble les assumer avec justesse.
Le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, semble pour sa part, reléguer le rapport Prada, loin –très loin- dans un tiroir du ministère. Soyons confiants, l’année 2012 sera surprenante ou ne sera pas. Néanmoins, rien dans ses propos ne crée enthousiasme ou exaltation. Restons confiants.
Entre nous, j’ai eu pour ma part, ce vendredi, une raison de m’extasier mais elle si personnelle que la partager sur ce blog, n’aurait strictement aucun sens. Je me dois d’être honnête et vous avouer que j’aimerais pourtant.
Revenons à nos Bâtonniers avec lesquels j’ai eu, en fin de soirée, un immense plaisir à partager un cocktail dinatoire à l’institut du Monde Arabe. Et la vue sur Paris depuis l’IMA n’est-elle pas so romantic ? Ainsi était mon humeur.
Et ceci n’était pas lié à l’agréable présence de notre pourtant charmant Bâtonnier du barreau de la Charente, Lionel Béthune de Moro, qui a vu son mandat s’ouvrir sur mon omission de son barreau et ma réinscription à mon Barreau d’origine, Paris.
Samedi matin enfin, j’intervenais en dernière partie sur le RPVA – procédure dématérialisée devant la Cour d’Appel.
Le Président Forget a insisté sur ma qualité d’auditeur et a laissé Madame la Vice-Présidente Paule Aboudaram le soin de s’exprimer sur les orientations prises par la précédente mandature.
En effet, il ne me semblait pas judicieux d’obérer mon mandat sur des questions que je ne maitrisent pas encore parfaitement. J’ai néanmoins demandé à prendre la parole. Et le Président Forget m’a offert le privilège de clôturer cette Assemblée Générale.
J’ai tenté de répondre globalement aux difficultés rencontrées par les Bâtonniers, tout en offrant un regard neuf sur la Commission Nouvelles Technologies et les orientations que j’aimerais lui donner au cours de ces trois années qui ne seront certainement pas trop longues.
Le RPVA -réseau privé virtuel des avocats- est aujourd’hui entré dans la majorité de nos cabinets, la précédente mandature a fait un travail remarquable et nous devons en être fiers.
Le Président Forget a dit qu’il ne fallait pas présumer de la capacité de notre profession à s’adapter. Je crois même que nous sommes capables d’innover car nous avons la chance d’appartenir à une profession qui s’enrichit de ses différences.
J’espère poursuivre le travail et revenir à la Conférence des Bâtonniers faire un bilan régulier de nos actions qui seront forcément positive puisque je suis sûre de trouver leur soutien.
Il y a évidemment des chantiers urgents et importants et j’en ai cité certains, sans hiérarchie ou exhaustivité.
Il appartient à la Commission et au bureau de protéger les confrères et l’institution de la rigueur législative face à l’utilisation de technologies encore instables qui ne dévoilent que bien difficilement l’origine de leur désobéissance.
Un seul constat : nous avons tous intérêt à ce que cela fonctionne.
Nous comptons évidemment sur nos confrères pour se mobiliser autour de leur Bâtonnier référent de Cour en charge des questions liées à la procédure d’appel pour nous informer de toutes difficultés.
J’ai évoqué la technologie utilisée, sa légitimité et ses limites et, la nécessité pour le Conseil National de travailler sur cette question qui préoccupe toujours les confrères.
Concernant les chantiers plus transversaux, j’espère faire du RPVA, le portail de toute la profession y compris pour nos confrères dont l’activité est davantage orientée vers le conseil.
Bien sûr autour de la conservation de l’acte d’avocat mais pas seulement et, j’ai partagé quelques rêves avec la Conférence des Bâtonniers.
La technologie doit être source de liberté et de compétitivité de la profession et en aucun cas un frein à notre exercice quotidien et c’est en ce sens que travaillera la Commission.
