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L’Intransigeant – Eté 1922 – Marcel Proust
Je crois que la vie nous paraîtrait brusquement délicieuse, si nous étions menacés de mourir comme vous le dites. Songez, en effet, combien de projets, de voyages, d’amours, d’études, elle – notre vie – tient en dissolution, invisibles à notre paresse qui, sûre de l’avenir, les ajourne sans cesse.
Mais que tout cela risque d’être à jamais impossible, comme cela redeviendrait beau !
Ah ! Si seulement le cataclysme n’a pas lieu cette fois, nous ne manquerions pas de visiter les nouvelles salles du Louvre, de nous jeter aux pieds de Melle X…, de visiter les Indes. Le cataclysme n’a pas lieu, nous ne faisons rien du tout cela, car nous nous trouvons replacés au sein de la vie normale, où la négligence émousse le désir.
Et pourtant nous n’aurions pas dû avoir besoin du cataclysme pour aimer aujourd’hui la vie. Il aurait suffi de penser que nous sommes des humains et que ce soir peut venir la mort.
humour juif
Exister est un fait, vivre est un art. Frédéric Lenoir
Un Rabbin sort de la Synagogue et rend grâce à D.ieu.
Il le remercie de l’avoir fait naître au sein du peuple élu, de l’avoir choisi pour accomplir les rituels, de lui avoir donné la foi.
Il lui redit toute la confiance qu’il place en Lui et en Lui seul.
Plongé dans ses pensées, le Rabbin tombe dans un ravin.
Dans sa chute, il s’agrippe à une petite branche peu solide.
Effrayé par le vide, il appelle à l’aide :
“Il y a quelqu’un ? Il y a quelqu’un ?”
Seul le silence lui répond. Il appelle encore et entend soudain une voix profonde venue de très haut :
“Mon fils, j’ai entendu ton appel. N’aie aucune crainte et lâche cette branche. Mes anges vont te porter et te déposer doucement en bas de ce précipice.”
Et le Rabbin regardant à nouveau le vide sous ses pieds :
“Y a-il quelqu’un d’autre ?”
Time is life
Si vous voulez qu’une chose soit faite, confiez-la à quelqu’un d’occupé
Je vis une véritable histoire d’amour avec le temps.
J’ai cru longtemps à une affaire passionnelle de celle qui vous détruit autant qu’elle vous construit. De celle qui vous marque et dont vous êtes incapable de vous défaire, bien qu’il le faille.
Longtemps j’ai voulu le changer. Il s’écoulait trop vite ou trop lentement. Il ne tenait jamais ses promesses. Il semblait toujours vouloir se retourner contre moi. Je lui donnais tout et il m’arrachait l’essentiel. Quand je croyais le maitriser, il se vengeait en m’humiliant cyniquement.
Il a été la source de toutes mes angoisses et de mes plus grandes joies et je le détestais autant que je l’aimais. Il me hantait et me poursuivait. Je cherchais en permanence toute occasion de m’en défaire, par tout moyen et, de préférence, enivrant.
Je saisissais chaque occasion de lâcher le fil du temps, puisqu’il était patent que j’étais totalement incapable de le suivre. Triste constat.